[HISTOIRE] La Princesse qui ne voulait pas être sauvée!

[HISTOIRE] La Princesse qui ne voulait pas être sauvée!

Des fois, il y a des petites histoires comme ça qui arrivent et le mieux c’est de les coucher sur papier pour continuer à travailler son écriture. Amusez-vous bien! ^_^

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Il était une fois, une Princesse.

Oui alors ça vous l’avez déjà lu. Des MILLIERS de fois même ! Mais laissez-moi poursuivre…

Il était une fois, une Princesse (donc !) qui s’appelait Blanche-Marie. Elle était enfermée… non gardée… heu ? Prisonnière ? Peu importe, passons…

Blanche-Marie vivait dans une tour (elle dirait une tourelle, mais c’est à peu près pareil…).

Dans une tour donc, avec un Dragon. Un Dragon qu’elle avait prénommé Jupiter. C’était une énorme bête dont la tête touchait presque le toit. Il pouvait à peine bouger sous peine de tout faire s’écrouler.

Jupiter portait autour du cou un étrange collier gravé de runes antiques. Elles brillaient d’un éclat maléfique et souvent, il tentait vainement de le retirer…

Dans le Royaume, le Roi (évidemment, c’est un Royaume…) avait annoncé que quiconque sauverait sa fille des griffes de l’abominable Dragon, se marierait avec elle et bla-bla-bla… comme d’habitude !

Donc, le Roi attendait qu’un preux chevalier libère sa fille adorée.

Des dizaines et dizaines (peut-être même des centaines ?) de chevaliers accoururent de tout le Royaume pour tenter leur chance. Mais il se passait toujours la même chose…

Le preux chevalier, bien équipé, plein de courage, acclamé par la foule, partait en direction de la tour infernale pour vaincre le Dragon et secourir Blanche-Marie. Il gravissait les mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf marches de la tour pour arriver dans la salle au trésor sur laquelle régnait en maître Jupiter.

Et là, plein de stupéfaction et tout stupéfait qu’il était, le courageux chevalier que rien n’ébranlait jamais, trouvait la princesse Blanche-Marie en train de :

  • Faire la lecture à Jupiter
  • Jouer avec Jupiter

Ou pire :

  • Faire des concours de rots avec Jupiter !

Ainsi, après avoir posé ses yeux sur ce spectacle, le splendide chevalier soit :

  • S’évanouissait
  • Partait en courant

Ou pire :

  • Se moquait !

Mais là était l’erreur fatale, car alors la Princesse Blanche-Marie braquait sur lui ses yeux vifs, brillants comme deux émeraudes polies et elle s’écriait :

« Jupiter !!! Brûlez cet insolent ! »

Ainsi le preux chevalier, bien équipé, plein de courage, acclamé par la foule, que rien n’ébranlait jamais, périssait bien malgré lui dans les flammes de Jupiter.

Fin de l’histoire…

Non !! Ne partez pas ! C’était une blague.

Donc.

Des dizaines de chevaliers disparurent ainsi dans la Tour au Dragon (ou la Tourelle de Blanche-Marie ? Peut-être la Terrible Tour de Blanche-Marie et Jupiter). Bref, oublions…

Car il allait sans dire que la Princesse Blanche-Marie ne voulait PAS être sauvée !

Ah voilà ! Maintenant vous restez. Vous êtes intrigués. Parfait ! Je n’ai pas fini…

TOUS les chevaliers avaient disparu.

Oui je sais : c’est AFFREUX !

Le Roi avait perdu espoir de revoir un jour sa Blanche-Marie bien-aimée. Jusqu’au jour où, Gaston (MOI ! C’est MOI ! Désolé…) fit son apparition.

Fils du tailleur de pierres, Gaston était…était… un bon garçon, pas très grand, pas très intelligent et pas très brillant. (c’est pas glorieux, mais c’est la vérité). Quand il partit pour secourir la Princesse Blanche-Marie, ce n’était pas un preux chevalier. Il n’était pas bien équipé. Personne ne l’acclama sur son chemin et il fut TRÈS, TRÈS ébranlé par l’énorme Jupiter.

Mais…

Gaston ne s’évanouit pas. Ne partit pas en courant. Et surtout, surtout, ne se moqua pas de Blanche-Marie et son Dragon.

La Princesse resta interdite devant ce garçon à la mine sale et au veston rapiécé. Gaston prit son courage (qu’il n’avait pas là, tout de suite…) à deux mains et inspecta nonchalamment (oui tout à fait) la gigantesque pièce.

Blanche-Marie l’observa en train d’observer et Jupiter ne le quitta pas des yeux (c’est comme observer, mais en plus méchant) ! Très vite, Gaston se rendit compte que Blanche-Marie n’était pas réellement prisonnière du Dragon. Dans un coin se trouvait un joli boudoir décoré avec goût ; dans un autre une belle cuisine où des mets délicats s’entassaient ; un mur entier était recouvert de livres à reliures dorées. Quelque chose clochait…

Soudain, la terre se mit à trembler.

Imperturbable, la Princesse Blanche-Marie continuait sa lecture, bien assise sur l’épaule de Jupiter. Le Dragon se grattait le cou avec frénésie, provoquant ces violents tremblements. Et c’est à ce moment-là que Gaston (toujours moi !) le vit.

Le collier de runes antiques brillant d’un éclat maléfique.

« Ma chère, votre Dragon semble dans état tout à fait déplaisant. Laissez-moi l’aider, dit Gaston en baissant bien bas la tête. »

À ces mots, Blanche-Marie ferma brusquement son livre. Ses yeux s’écarquillèrent et un large sourire fendit son doux visage.

« Procédez mon ami, répondit-elle avec grâce. »

Gaston grimpa sur le corps de Jupiter (bien pire que gravir mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf marches…). La Princesse chuchotait à l’oreille de son Dragon pour le calmer et par la même l’empêcher de dévorer le garçon…

Arrivé sur son épaule, Gaston sortit une longue pique en fer de sa sacoche provoquant une violente réaction chez le Dragon.

« Mon ami …

– Jupiter, chuchota Blanche-Marie à Gaston.

– Jupiter, mon ami, reprit Gaston un brin tremblant, je ne souhaite pas vous faire de mal. Laissez-moi juste regarder votre collier. »

Alors que Jupiter le fixait nerveusement, Gaston inséra sa pique entre le cou du Dragon et le collier de runes. Il poussa, tira de toute ses forces. Il y mit beaucoup de cœur et de volonté. Ruisselant de sueur, Gaston sortit finalement son burin et tapa sur le collier.

L’objet se brisa d’un seul coup, projetant les runes magiques (toujours brillant d’un éclat maléfique bien sûr…) qui se partirent en poussière une fois au sol.

L’énorme tour disparut soudain laissant place à un magnifique jardin verdoyant. Le Dragon s’élança dans les airs avec des bonds de joie, la Princesse Blanche-Marie toujours assise sur son épaule.

La suite, mes amis, n’est pas très compliquée.

J’eus l’immense honneur d’épouser la Princesse Blanche-Marie et Jupiter protège maintenant notre Royaume.

(Toussotements féminins)

Ah oui ! Ma douce amie ici à mes côtés, tenait aussi à vous rappeler, qu’une Princesse n’est pas toujours en danger : d’autres aussi parfois, on besoin d’être sauvé…

[TROUVE!] L’Abominable Ours Câlineur

[TROUVE!] L’Abominable Ours Câlineur

Je suis ravie! 😀 Nouveau contrat signé en ce début d’année 2017. Un nouvel album va sortir chez Nats Editions en collaboration avec Sabrina Moguez.

Voici un petit aperçu de notre projet.

Darla la Harpie aimait grignoter un Humain pour dîner, mais un soir pas comme les autres, elle fit la rencontre de l’Abominable Ours Câlineur. Un être tout mignon et tout doux: le pire des cauchemar pour Darla… 

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Pour la suite, il faudra patienter jusqu’en mai! 😉

[EN RECHERCHE] Le défi d’Halloween

[EN RECHERCHE] Le défi d’Halloween

Magali Garot et moi-même sommes très prolifiques en terme de projets! 😀 Voici un troisième donc développé avec cette talentueuse illustratrice au pinceau délicat: Le défi d’Halloween.

Accompagnée par son chat Potiron, Azalée est prête pour son initiation au sein du clan des Sorcières Rouges. Elle gagne le cœur de la forêt où un défi éprouvant l’attend. La jeune Azalée deviendra-t-elle, comme sa mère avant elle, une vénérable Sorcière Rouge? 

2

La plume

La plume

Savin jetait négligemment de petits cailloux dans la Seine. Il attendait son maître devant la taverne du Poing Cassé.

Savin, huit ans, travaillait pour Maître Balladin, collecteur de dettes. Il n’aimait pas beaucoup cet homme hautain et sévère même s’il lui avait appris à lire, écrire et compter après l’avoir récupéré dans un orphelinat crasseux du Faubourg Saint-Marcel. Le maître était taciturne et peu enclin à la tendresse, mais il ne levait jamais la main sur l’enfant, lui donnait régulièrement une belle somme d’argent et n’aurait pas hésité à tuer quiconque toucherait un cheveu de son précieux assistant. Mais Savin ne voyait pas tout cela dans l’homme qui lui parlait sèchement…

Savin était les yeux et les oreilles de Mr Balladin et pouvait pister pendant des jours un mauvais payeur. L’enfant détestait son travail. Son espionnage le conduisait souvent dans les quartiers les plus pauvres de Paris où il fallait sans cesse éviter les détritus et flaques d’excréments. On lui jetait des pierres et personne n’hésitait à lui faire les poches.

Dès qu’il le pouvait, Savin passait devant la boutique de Mr Vaillant, tailleur sur le boulevard Saint-Germain. Il mettait alors ses plus beaux habits (ceux que Mme Balladin avait commandé pour les soirées de réception) pour passer inaperçu et flâner sans attirer l’attention de la maréchaussée. Le jeune garçon rêvait de travailler pour le vieil homme qui taillait les vêtements du Roi ! L’artisan lui donnait toujours un biscuit moelleux et le laissait rentrer dans l’arrière-boutique pour regarder et toucher les tissus. Savin exprimait alors toute sa gratitude à Mr Vaillant, mais uniquement par signes et un sourire rayonnant, car le petit garçon était muet.

Lorsqu’Honoré Balladin sortit de la taverne, la nuit tombait et il s’était mis à pleuvoir. Il prit Savin sur ses épaules, évitant ainsi que l’enfant n’ait les pieds trempés. C’était le premier jour du Printemps et le temps était toujours aussi morose. Mais pour la première fois en six ans, Savin fut agréablement surpris par le geste de son Maître. Il se prit à passer ses bras secs autour de son cou, rassuré par la présence du collecteur malgré le grondement du tonnerre.

Maître Balladin vivait dans une belle demeure dans le quartier de Versailles. Savin y avait une chambre simplement décorée avec beaucoup de livres, mais presque aucun jouet excepté deux petits soldats en étain vieilli et un cheval à bascule. Sous son lit, Savin cachait des chutes de tissus offerts par Mr Vaillant qu’il sortait de temps en temps et examinait avec attention. Léontine, la fille d’Honoré Balladin lui avait un jour donné l’une de ses poupées. Depuis, en secret, il essayait de trouver des tenues pour l’habiller avec élégance.

Savin mangeait toujours tout seul, jamais avec la famille de son Maître ; un repas copieux, frais et toujours préparé avec soin. Léontine, neuf ans, aimait beaucoup le petit garçon et lui rapportait en cachette, chaque soir, une part de dessert.

En cachette, le croyait-elle, car son père connaissait le petit secret de sa fille. Lui aussi aimait beaucoup Savin qu’il trouvait assidu au travail, vif et débrouillard, mais il avait malheureusement besoin de lui pour son sale travail. La famille avait des problèmes d’argent. Proche du Roi, les difficultés commencèrent quand la gronde populaire avait démarré. Honoré montrait à Savin un autre visage, un visage froid et fermé pour éviter que l’enfant ne s’attache trop à lui. Un jour, quand toute la tension serait partie, quand la famille aurait retrouvé sa fortune, Balladin laisserait à l’enfant le choix de choisir un métier convenable. Peut-être même partirait-il. Honoré en était d’avance chagriné, mais il comprendrait.

Cependant, rien ne se passa comme il l’avait prévu…

*

Le 14 juillet 1789, Savin fut violemment réveillé par son maître. Forcé de faire ses bagages, le petit garçon suivit la famille jusqu’à une calèche qui les attendait déjà dans la cour. Le petit garçon entendait la foule hurlée dans les rues et des bruits de canons lui parvenaient au loin. Effrayé, l’enfant ne remarqua même pas la main délicate de Léontine glissée dans la sienne.

Quand ils se retrouvèrent dans les rues de Versailles, des fruits et légumes pourris furent lancés sur la calèche. La traversée des rues se fit au ralenti et Savin retint son souffle pendant plus de deux heures pendant leur voyage vers la Normandie, dans la demeure de campagne de la famille.

Savin se retrouva dans un nouvel environnement sans aucune activité. Maître Balladin recevait des amis dans son salon privé tous les jours et laissait la porte fermée à clef. Seul, sans rien à faire, l’enfant s’ennuyait. Seule Léontine arrivait à le divertir en l’entraînant avec elle dans des aventures merveilleuses au cœur de l’énorme parc entourant la belle maison. Mais Savin n’avait pas vraiment le cœur à jouer. Il pensait à Mr Vaillant. Le tailleur avait-il dû fuir lui aussi ? Avait-il été attaqué par une foule en colère ?

Petit à petit, le petit garçon dépérissait et Honoré Balladin ne lui parlait que très peu, occupé par ses affaires et préoccupé par la situation à Paris.

Un jour, alors que Savin trainait des pieds dans la maison sans savoir quoi faire, il décida d’aller explorer l’immense grenier de la demeure. Prenant garde à ce que Léontine ne le suive pas, il se faufila sur l’escalier en pente menant aux étages. Une bougie à la main, il inspecta la pièce. Tout au fond, l’enfant repéra une malle de marin. Posant délicatement sa bougie au sol, Savin se dirigea vers l’objet qu’il ouvrit avec précaution.

La malle était vide.

À l’exception d’une magnifique plume bleue. Une longue plume bleu azur légère et douce sur la joue de Savin. Elle sentait la mer et les épices. Soudain, un rayon de soleil vint frapper la plume lui donnant des reflets dorés. Le petit garçon l’observa sous tous les angles, un grand sourire se dessinant sur son visage.

*

Dans le boudoir de Mme Balladin, jeunes filles et femmes mariées essayaient en papotant gaiement des chapeaux de toutes les couleurs, garnis de grandioses plumes de toutes les tailles. Assise sur le tabouret du piano à queue, Léontine, quatorze ans, se laissait coiffer par Savin. Le jeune garçon plaçait avec délicatesse de toutes petites plumes multicolores dans les cheveux de sa compagne de jeu. La jeune fille rougissait dès que Savin lui frôlait la joue et il en rajoutait un peu sous l’œil amusé des amies de Mme Balladin.

Devant le lourd portail en fer de la demeure normande, Honoré Balladin, qui avait cessé ses activités de collecteur de dettes depuis maintenant deux ans, clouait une plaque en argent:

« Savin Balladin – chapelier pour ces dames. Venez faire vos essayages dans notre salon privé ! »

Il avait placé à sa boutonnière la plume bleu azur trouvée par Savin. Lorsqu’il bougeait, le soleil s’y reflétait lui donnant un éclat presque surnaturel.

Epoussetant son vêtement, Maître Balladin, satisfait par la plaque, reprit le chemin de la maison alors que d’autres jeunes dames rentraient en pressant le pas dans le premier atelier de Savin Balladin.

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Pourquoi pas une vraie histoire plus tard? A voir… 🙂