[CONTE DE NOËL] Une gourmande hibernation

Voici mon conte de Noël 2019 inspiré d’une illustration trouvée sur Pinterest.

JOYEUX NOËL A TOUS!

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Riruk et Obul habitaient dans la forêt Greymark, comme tous les autres lutins de Noël. Et comme tous les autres lutins de Noël, ils étaient en charge d’une tâche bien précise : eux s’occupaient de la forêt pendant l’hiver.

Frères, ils ne se séparaient jamais et parcouraient ensemble l’immensité de la forêt de début novembre à fin mars. Chacun avait une spécificité : Riruk s’occupait de la flore et Obul de la faune. Les règles étaient bien établies depuis des siècles et tout fonctionnait toujours pareil chez les Lutins de Greymark.

Mais un jour, Obul décida de changer sa façon de faire et les Lutins n’y étaient pas du tout préparés…

*

Obul avait franchi la limite : il s’était rendu dans le Pays Sauvage, là où les Hommes fêtent Noël à leur façon. Pendant des heures, il avait observé les préparations, les décorations, les menus et illuminations. En rentrant à Greymark, il avait longuement réfléchi et avait fait part de ses découvertes à son frère. Riruk eut un accès de colère – assez fréquent chez les Lutins – et s’insurgea contre les mauvaises idées d’Obul : non, il fallait faire comme on avait l’habitude de faire et comme on avait toujours fait ! Mais l’audacieux Lutin n’était pas certain que ne jamais changer sa façon de faire allait mener les Lutins bien loin.

Obul ne tint pas compte des remontrances de son frère et il décida que pour la première fois, il ferait différemment à Noël. Il s’enferma dans son atelier ; une cabane biscornue tout en haut du chêne abritant la colonie, et commença diverses préparations. Plus la semaine avançait, plus Noël approchait et plus les jeunes Lutins venaient fouiner autour de son atelier pour découvrir ce qui se tramait. Bien sûr, Riruk avait compris le manège de son frère et chaque matin, il prenait bien soin de lui remonter les bretelles.

Bientôt, toute la colonie fut au courant ! Au courant qu’Obul voulait faire différemment. On vint taper aux carreaux de son atelier, cogner à sa porte, sauter devant ses fenêtres pour l’empêcher de continuer, mais rien n’y fit : Obul ne changea pas d’avis. Les Lutins de Greymark continuèrent de leur côté leurs activités habituelles de Noël, mais voyant l’un des leurs faire autrement, ils s’ennuyèrent bientôt et l’on vint chercher conseil auprès du Lutin malin. Riruk se désespérait : si les Lutins commençaient à changer leurs activités, toute la forêt en serait perturbée !

Mais Riruk avait-il raison de s’inquiéter ?

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Obul proposa à chaque Lutin et en fonction de sa spécialité, de nouvelles idées pour le Noël à venir. Chacun mit beaucoup de cœur à l’ouvrage. Les arbres chuchotèrent entre eux et partagèrent la nouvelle aux quatre coins de la terre.

Lorsque Noël pointa le bout de son nez gelé, Obul dévoila ses créations : de belles préparations gourmandes pour les animaux de la forêt en pleine hibernation ; de petits cadeaux en quelque sorte, comme les Humains s’offraient entre eux, car d’après ce qu’il avait vu, cela faisait très plaisir.

Dans une longue procession, les Lutins suivirent Obul auprès du premier animal qui recevrait son cadeau : l’Ours bien mal léché de Greymark. Riruk, une pelle à la main, suivait son frère de près, car il avait peur qu’il se fasse dévorer. Obul, comme le Lutin poli qu’il était, frappa à l’entrée de la grotte de l’Ours qui grogna de déplaisir.

L’inventeur creusa un petit trou ; par la barbe de Merlin !

Juste au-dessus de la tête de l’animal et y glissa sa main ; par la barbe de Merlin !

Juste au-dessus de la tête de l’animal et y déposa son cadeau : un pot de miel de sapin.

Surpris, l’Ours glissa un œil à travers le trou et se retrouva nez à nez avec Obul qui resta pétrifié. Riruk allait donner un bon de coup de pelle sur le prédateur quand ce dernier frotta le bout de son museau sur le bonnet d’Obul : le cadeau était accepté !

Alors toute la nuit, Obul et les Lutins Greymark rendirent visite au Renard, au Blaireau, à la Chouette; à tous les animaux de la forêt dont ils prenaient soin. Chacun reçut un petit paquet ; un petit présent qu’Obul avait confectionné spécialement pour eux. Quelque chose de simple ; un tout petit rien pour rendre leur hibernation un peu moins morose.

Et les arbres de chuchoter entre eux pour partager la nouvelle aux quatre coins de la terre…

*

Les Lutins trouvèrent les nouvelles idées d’Obul vraiment charmantes. Riruk le premier pris part au changement ; tout excité par ces nouveautés : il décora les plus beaux arbres de la forêt de guirlandes colorées. Les végétaux en frissonnèrent de plaisir !

Tout cela a-t-il vraiment changé la vie des Lutins ?

Eh bien l’année suivante, ayant eu vent de ces petits êtres pleins d’idées, un grand monsieur à la barbe blanche rendit visite à la forêt Greymark et décida que jusqu’à la fin des temps, ces Lutins seraient les créateurs attitrés de ses milliers de jouets. Car avec autant de nouvelles idées, son traîneau ne désemplirait jamais !

On acclama Obul, le Lutin qui avait rendu l’Ours mal léché tout mielleux et on nota dans la constitution des Lutins Greymark que changer ses habitudes de temps en temps n’était finalement pas une si mauvaise idée…

[POÈME] Ode aux nuages

Quand on change ses fenêtres, apparemment ça donne de l’inspiration! XD Voici donc un petit poème

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Je voudrais que vous voyez,

Ce que je vois le soir quand je suis allongée,

La tête à l’envers, devant la fenêtre de la chambre à coucher.

De la tête de lit recourbée

La glycine, au bord du toit tombée,

Les nuages tout en haut défilent

Dans une ronde bien menée

Et le lion rugissant court après le vent.

Pirogue de pêcheur? Ou manchot empereur?

Les grandes dents, peut-être, du grand requin blanc…

Passent et passent dans le ciel sans étoiles

Moi, toujours au fond de mon lit

Sous le ciel nuit de Brittany.

Et quand Calliope me quitte

Je relève la tête et… hop!

Ils ont disparu; ces duvets célestes

Croqués par une lune bien repue.

Une autre nuit peut-être, défileront-ils à nouveau

Pour coucher sur papier leurs folles formes mobiles.

[CONTE D’HALLOWEEN 2019] La potion d’Astrid Mandragore

Et voici mon petit conte d’Halloween pour 2019, inspiré d’une illustration de la très talentueuse Laure Soulé

Bonne lecture!

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Pour valider sa dernière année d’école de magie, Astrid Mandragore devait, comme tous les autres chats de sa promotion, passer un ultime test le jour de la fête d’Halloween : la réalisation d’une potion magique ; la plus parfaite qu’il soit.

Mais Astrid avait un petit problème.

La jeune apprentie magicienne était pleine de curiosité et d’imagination, mais pas très douée dans la réalisation de sort. De plus, sa fourrure, toujours touffue et emmêlée devait constamment être peignée, même en classe. Sa couleur grise comme la cendre n’arrangeait rien et elle voyait bien les regards que les autres élèves lui lançaient. Sans méchanceté bien sûr, mais elle avait bien compris sa différence.

Dernière de sa promotion, elle ne pensait pas réussir cette ultime épreuve, elle qui avait passé in extremis ses deux premières années. Sa grand-mère, Albertine Mandragore avait un jour été la directrice de la prestigieuse école Ronron et sa petite-fille voulait suivre l’exemple de son aïeule que tous les étudiants lui mentionnaient sans arrêt.

*

Le soir d’Halloween, on convia les apprentis magiciens de dernière année dans le grand parc. Tous les autres élèves étaient réunis pour l’occasion ; pour voir réussir leurs aînés et ainsi marcher dans leurs pas.

Astrid portait son plus beau chapeau ; son chapeau de fête préparé pour l’occasion. Avec sa meilleure amie, Jacinthe, elles vérifièrent consciencieusement que toutes leurs affaires étaient sur elles: sacoche pour les herbes ramassées, lanterne, chaudron miniature pour mélanger la mixture et bien sûr leur baguette magique.

La soirée était particulièrement humide avec un vent mordant qui tourbillonnait tout autour du grand manoir Ronron. Heureusement pour elle, la jeune magicienne portait un joli manteau d’hiver offert par sa grand-mère. Elle espérait qu’il lui porterait chance pendant l’épreuve…

La directrice de l’école, Pimprenelle Chanteclair, donna ses directives : il fallait être rentré pour minuit, heure à laquelle la fête d’Halloween débuterait et réaliser sa potion au cœur même de la forêt sans demander d’aide. Des corbeaux veilleraient à la bonne tenue de l’examen. Astrid et Jacinthe s’étaient promis de trouver un moyen d’aider l’autre si jamais un problème survenait et la jeune chatte ne comptait pas déroger à son pacte.

*

L’épreuve avait commencé depuis une quinzaine de minutes lorsque les professeurs lancèrent un sort pour mettre en difficulté leurs élèves. Le froid s’aggrava en quelques instants avec de violentes bourrasques qui faisaient vaciller les participants. Certaines mains se raidirent ; des nez se congelaient et des perles de glace se formaient dans les poils des jeunes chats.

Astrid et Jacinthe marchaient contre le vent, en marche arrière donc, pour espérer contrer ces effets. Mais ramasser des plantes en marche arrière n’est pas si facile que ça ! Pourtant, les deux jeunes chattes s’en sortaient plutôt bien.

Jusqu’à ce que Jacinthe tombe sur une magnifique branche de gui…

L’apprentie magicienne se retourna. Le vent s’engouffra dans sa fourrure et sous son chapeau pointu. Elle avait oublié de se couvrir et des stalactites poussèrent immédiatement sur ses oreilles. Jacinthe frissonnait, incapable de bouger.

Dans son douillet manteau et avec son indomptable fourrure, Astrid, elle, ne sentait pas le froid. Elle se précipita pour récupérer la branche de gui puis égrena les boules dans la sacoche de son amie.

Tout autour d’elle, les autres élèves avaient le même problème : piégés par la tempête invoquée par les professeurs.

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Alors Astrid Mandragore eut une idée.

Dans sa sacoche, elle ramassa le plus de plantes possible alors que le vent la poussait de droite et de gauche. Elle prit les chaudrons de tous les participants, les réunit au centre de la forêt alors que les corbeaux tournoyaient au-dessus d’elle en croassant violemment. Elle mélangea toutes ses herbes dans les chaudrons, maîtrisa un superbe feu et fit chauffer sa décoction.

Elle aligna toutes les lanternes autour de sa préparation et quand de la fumée s’éleva des dizaines de chaudrons, Astrid sortit sa baguette magique, taillée dans une branche d’aubépine.

La jeune chatte respira lentement, ferma les yeux et récita la formule magique.

Oh une formule magique, bien simple, utilisée par sa grand-mère quand on avait un bon gros rhume dans la famille ! Une formule magique qui transforma la décoction d’Astrid en une incroyable potion contre le froid.

Le liquide de chaque chaudron s’éleva en colonne au-dessus de la forêt pour retomber sur les participants, chassant le froid mordant et le vent violent. Dans le parc du manoir, les professeurs et les autres élèves furent projetés à terre.

Quant aux dernières années, ils reprirent leurs couleurs, leurs sensations et leurs activités. Mais Astrid fut immédiatement encadrée par les corbeaux espions qui la menèrent aux professeurs, malgré les protestations de Jacinthe.

Alors qu’elle traversait la forêt, tous les élèves de dernière année s’arrêtèrent pour la regarder passer. Un par un, ils retirèrent leur chapeau et s’inclinèrent devant Astrid Mandragore et sa fourrure en bataille.

*

Ce serait un mensonge de dire qu’Astrid ne fut pas punie, mais la jeune chatte ne fut pas disqualifiée.

Non.

Car un bon magicien sait préparer toutes sortes de potions, y compris des toutes simples contre le froid ! Mais ce que les professeurs retinrent surtout c’est la force avec laquelle la jeune Astrid avait repoussé la tempête qu’ils avaient invoquée, car pour ce faire il fallait avoir de puissants pouvoirs…

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Le soir, juste après le grand bal d’Halloween, Pimprenelle Chanteclair convia la jeune chatte dans son bureau. Et devant son grand miroir magique, la directrice lui demanda de bien se regarder: Astrid n’était-elle pas la digne héritière d’Albertine Mandragore ?

[PUBLICATION] Bretzel n°2 : Qui a mangé la galette?

Le nouveau numéro du fanzine jeunesse BRETZEL est sorti mi-septembre et j’ai de nouveau écrit une histoire avec Chloé Harrand aux manettes des illustrations.

Il s’agit d’une petite histoire inspirée du célèbre Roule Galette, transformée pour l’occasion en enquête policière. 😀

Pour commander, c’est par ici!

[PUBLICATION] La Maison Okola et autres contes délicats

C’est aujourd’hui que sort mon second ouvrage aux éditions du Lumignon; toujours 10 petits contes animaliers et toujours avec Sanoe

http://editionslumignon.fr/categorie-produit/precommande/ Après le thé, c’est parti pour une grande aventure chocolatée!

Bonne lecture à tous et bonne dégustation! 

[PUBLICATION] Bretzel n°1: La tête dans les étoiles

Et voilà, le premier numéro de la revue Bretzel est sorti! On peut trouver ici des news sur la revue et commander le numéro 0 et le petit nouveau.

J’ai développé une petite histoire, La tête dans les étoiles, avec Chloé Harrand aux crayons.

Chloé et moi avons décidé de travailler à nouveau ensemble sur le prochain numéro (Enquêtes), mais aussi sur un futur album. A suivre… 😉

[HISTOIRE HALLOWEEN 2] Il était une fois l’Automne

En hommage au magicien de Lobel…


Il y avait une fois, une Fée.

Une petite Fée muette qui passait son temps à rêver.

Une fée appelée Citrouille.

Elle avait beaucoup de difficulté à s’intégrer dans la société des Fées, car elle avait du mal s’exprimer et à se faire comprendre. Ne sachant parler, elle écrivait et dessinait beaucoup. Elle inventait toutes sortes d’objets, de machines, de décorations… Elle avait beaucoup d’idées ! Mais ça ne plaisait pas trop qu’une Fée aussi jeune se mêle des affaires de la société et tente de la changer.

Les idées de Citrouille lui jouaient parfois de mauvais tours. Elles venaient à se matérialiser quand elle n’avait pas encore terminé ou prenait la poudre d’escampette à peine avaient-elles été réalisées. Citrouille dormait mal et n’arrivait pas à expliquer à ses parents tout ce à quoi elle pensait.

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Un jour, l’une de ses idées sortit de sa tête et elle ne put la rattraper. Une idée toute bête, mais qui fit beaucoup de dégât : une soirée spéciale chaque année dédiée à l’Autre Monde. Mais elle n’avait ni la date ni les détails : il était beaucoup trop tôt pour que l’idée s’en aille vagabonder ainsi !

Dans l’Autre Monde, ce fut la pagaille, car tous voulurent se préparer pour cette surprenante soirée. Or aucun chef n’était au courant de quoi que ce soit. Très vite, on comprit que Citrouille était derrière tout ça et on fut déçu. Vraiment déçu que cette soirée n’ait pas été correctement organisée.

La petite Fée fut montrée du doigt et comme elle fut incapable de s’expliquer, elle partit s’enfermer dans sa cabane et refusa de sortir. Même ses parents ne purent l’approcher. Si personne ne voulait de ses idées, alors que faire ?

Quand l’arbre dans laquelle elle s’était réfugiée réchauffa son petit cœur, elle eut une idée.

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Citrouille rejoignit la grande forêt qui dissimulait l’Autre Monde aux yeux de l’humanité. L’été touchait à sa fin, car il faisait déjà un peu plus froid, mais les arbres restaient verts.

Extrayant ses idées une par une grâce à sa baguette, la petite Fée les cacha une par une dans chaque feuille de chaque arbre, pensant ainsi y revenir plus tard lorsqu’elle aurait vraiment besoin de les utiliser. Comme ça, elle choisirait une seule idée à la fois et il n’y aurait plus de dégât.

Citrouille ne vit pas que plus elle avançait, plus les feuilles se transformaient pour se parer d’éclatantes couleurs : jaunes, orange, rouges parfois même violettes. Il y avait de nouvelles odeurs ; des odeurs de mousse et de rosée. Le sol se recouvrait de gland, de bogues, de marrons. Plop ! Poussaient les champignons ! Le vent jouait à cache-cache avec biches et écureuils.

Quand elle eut terminé de cacher ses idées, la forêt en était remplie ! C’est vous dire à quel point sa tête en était pleine.

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La forêt avait complètement changé.

Dorénavant, plus rien n’était vert, mais ces nouvelles couleurs, Citrouille ne les avait jamais vues ; jamais sur ces arbres millénaires. La petite Fée fut horrifiée : qu’avait-elle donc fait ? Mais les arbres la rassurèrent : comme ils étaient beaux ainsi ! Depuis tout ce temps, leur garde-robe n’avait jamais changé, ainsi ils étaient au fond toujours les mêmes et tellement différents.

Citrouille fut ravie de voir que ses idées ne bouillonnaient plus dans sa tête. Elle se sentait plus libre et plus légère, mais elle savait qu’elle pouvait revenir quand elle le souhaitait pour récupérer une idée et en faire quelque chose de bien abouti.

Soudain, elle fut frappée derrière la tête par son idée de soirée spéciale qui revenait la tourmenter. Mais loin de l’embêter, l’idée vint doucement flotter devant ses yeux attendant une réaction de sa part.

Citrouille réfléchit en observant la forêt parée de ses nouvelles couleurs. En inclinant la tête à droite, les feuilles devenaient un peu plus jaunes. À gauche, elles devenaient un peu plus rouges. Si elle souriait, elles prenaient une teinte orange éclatante. Et une grimace ? Alors elles devenaient foncées comme les mûres ! Elle continua ainsi quelque temps. Les arbres gardèrent bien enfermées ses idées tout en jouant avec la Fée. Et quand une feuille tombait au sol, l’idée s’évaporait, mais il y en aurait bien d’autres après et ça Citrouille l’avait compris.

L’idée de soirée spéciale brilla de plus en plus fort. Elle brilla tellement fort que de l’autre côté de la barrière, on vit la forêt toute d’or et de sang vêtue.

Ainsi naquit l’Automne.

Et par d’autres brillantes idées, la Fée Citrouille devint Fée des Saisons.

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Mais nous avons oublié quelque chose… La soirée spéciale de l’Autre Monde ? Cette idée : où est-elle passée ?

Et bien, chaque année, pendant que l’humanité lève le nez en l’air pour regarder la forêt changer, dans l’Autre Monde on fait la fête ; une sacrée fête endiablée.

C’est dans cet autre monde où vit la Fée Citrouille, bien cachée derrière une forêt d’idées…

[HISTOIRE HALLOWEEN 1] Balais ou baguette?

Vous allez voir cette année, c’est incroyable: deux histoires d’Halloween ont germé dans ma petite tête! Et voici donc le premier texte. ^_^

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Pétronille Pumpklair était une sorcière particulière.

Pratiquant à la fois la sorcellerie et la magie, Pétronille portait chapeau et bottes pointues, assortis d’une robe claire à paillettes et d’une paire de lunettes jaune très voyantes.

 

Pétronille Pumpklair partageait sa vie entre une école de Sorcières et… une école de Fées ! Mais chut, c’était un secret…

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Âgée de tout juste dix ans, Pétronille allait passer son examen de Sorcière lui permettant ensuite de choisir son activité définitive.

Dans le même temps, elle passerait aussi son examen de Sée lui permettant ensuite de choisir son activité définitive.

En pensant à ces deux futures activités qu’elle ne saurait sûrement pas cacher, Mademoiselle Pumpklair ne vit pas ses tartines tournoyer ! Mais son chat Asperge lui, n’avait d’yeux que pour le beurre tout juste fondu qui goûtait sur la table.

« Enfin Pétronille, réagis ! Ne sois pas toujours dans la lune ! s’écria sa mère en rentrant dans la cuisine. »

 

Ah, la mère de Pétronille…

Mathilda Pumpklair était la… directrice de la plus réputée des écoles de Sorcières ; celle que fréquentait sa fille, bien sûr. Grande Invocatrice, puissante Nécromancienne et Divine Oracle, il serait bien difficile d’arriver à la cheville de Mathilda.

« Mais laisse-la un peu tranquille. Il faut qu’elle travaille son imagination ! rétorqua sa tante. »

 

Ah, la tante de Pétronille…

Anabeth Pumpklair état la… directrice de la plus réputée des écoles de Fées ; celle que fréquentait sa nièce, bien sûr. Grande Sorceleuse, puissante Guérisseuse et Divine Prophétesse, il serait bien difficile d’arriver à la cheville d’Anabeth.

Pétronille soupira et les tartines vinrent se poser à côté de son bol de chocolat. Du matin au soir et du lundi au dimanche, Mathilda et Anabeth se disputaient sans cesse. C’est en partie à cause de leurs chamailleries qu’elles n’avaient jamais découvert le secret de Pétronille. En se disputant ainsi, elles ne se mêlaient pas de ses affaires, mais en même temps Pétronille aurait préféré que sa mère et sa tante s’entendent mieux.

 

La petite sorcière avait un jour mis le débat sur la table : quelle était la réelle différence entre une Sorcière et une Fée ? Que n’avait-elle pas demandé ! À coups de « Mensonges ! » et « Balivernes ! » ou encore « Tête de mule ! » et « Crotte de Licorne ! », Mathilda et Anabeth avaient eu la plus grosse dispute de leur vie. Pétronille s’était réfugiée dans sa chambre avec Asperge.

La petite n’était pas spécialement douée pour telle ou telle activité. Elle ratait souvent ses potions, se trompait dans les formules magiques ou encore ne tenait pas correctement sa baguette. Mais Pétronille avait un don très spécial : celui justement de passer facilement d’un monde à l’autre. Elle savait parfaitement quand faire appel à la sorcellerie et quand faire appel à la magie. Et ça, personne d’autre dans le royaume n’en était capable.

*

Le jour de ses examens approchant, Pétronille Pumpklair était dans un état d’anxiété permanent. Elle parlait très peu et à la cantine, elle se mettait à l’écart pour réviser.

Dans son école (enfin ses écoles !), elle était plutôt populaire, car toujours prête à aider les autres, mais aussi à faire le clown. On aimait son âme d’aventurière et elle était très douée pour raconter les histoires. Chaque année pour Halloween, tout le monde venait écouter les horreurs qu’elle savait inventer.

Ses meilleures amies, Gladys et Morticia ainsi qu’Estralla et Primerose ne la reconnaissaient plus.

 

La soirée d’Halloween de l’année serait pour le moins étonnante…

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Le soir du 31 octobre, chaque établissement avait été décoré selon les principes mêmes des Sorcières ou ceux des Fées. Pétronille était en panique ! Elle avait tout calculé pour passer son examen de Sorcière en premier puis celui de Fée, mais elle avait peur d’arriver en retard et d’être obligée de s’expliquer.

 

Avant le début des examens, les principales avaient laissé libres leurs élèves dans les belles cours scintillantes de lumières pour l’occasion. C’est dans ses conditions de fête et d’amusement que Pétronille fut témoin d’une incroyable scène.

 

Tout d’abord, pour bien comprendre, les deux écoles se touchent, séparées uniquement par une grande haie de roses multicolores. Une haie dans laquelle il était très facile de se glisser et ça Pétronille le savait puisqu’elle y passait plusieurs fois par jour !

Seulement aujourd’hui, en ce jour sacré d’Halloween, il y avait tellement de monde qu’on ne regardait pas ce que faisaient les autres. Les autres en l’occurrence, c’étaient les apprenties Sorcières Gladys et Morticia, et les apprenties Fées Estralla et Primerose, les meilleures amies de Pétronille.

La jeune apprentie, qui ne voulait pas jouer et restait prostrée sur un banc, rongée par l’anxiété, vit soudain ses deux amies Sorcières se glisser au milieu de la haie, bientôt rejointes par Estralla et Primerose. Après avoir vérifié que personne ne les avait vues, elles papotèrent gaiement.

 

Pétronille se figea.

Et par la même occasion, figea aussi toute la scène ! Elle se rendit vers la haie de roses au ralenti.

Dans chaque petit recoin où l’on pouvait se glisser sans être vu, Sorcières et Fées se cachaient pour rire ensemble et échanger leurs idées sur les examens à venir.

Des larmes coulèrent le long des joues de Pétronille. Vous pensez à des larmes noires ? Bien sûr que non ! Des larmes roses alors ? Évidemment pas ! Mais où allez-vous chercher tout ça !

 

Non. Juste des larmes de petite fille. Car Pétronille venait de comprendre pourquoi sa mère et sa tante n’avaient jamais répondu à sa grande question : évidemment, Sorcières et Fées étaient pareilles !

 

La scène soudain se défigea.

Après avoir respiré une bonne bouffée d’air automnale, Pétronille passa rapidement sa main sur ses yeux. Elle retroussa sa robe et fit claquer ses bottines sur le sol. La jeune apprentie se plaça alors devant le grand bouleau trônant au milieu de l’école des Sorcières. De l’autre côté de la haie, un magnifique sureau, exactement de la même taille, se tenait exactement à la même place.

Posant ses mains sur le tronc de l’arbre, Pétronille inspira profondément et commença une incantation. Une incantation très étrange ; une incantation strictement interdite et bannie des deux écoles, mêlant langage des Sorcières et langage des Fées.

Elle ne vit pas sa mère, Mathilda, arrivée en courant, tout échevelée, lui criant d’arrêter immédiatement.

Ni sa tante, Anabeth, alertée par sa sœur, traversant la haie et surprenant par la même les amitiés interdites.

Ni les élèves qui se cachaient ou restaient à l’observer, droits comme des I.

 

Une énorme racine du bouleau sortit de terre.

Une énorme racine du sureau fit de même.

La haie fleurie, sur leur passage se rompit. Sorcières et Fées se faisaient maintenant face.

Et entre les deux arbres naquit, une gigantesque arche en bois de bouleau-sureau sur laquelle poussèrent instantanément d’énormes roses multicolores.

 

Quand Pétronille rouvrit les yeux, elle faillit s’évanouir tant elle avait été vidée de ses pouvoirs. Elle se tourna vers l’assemblée qui la dévisageait en silence. Mais Pétronille souriait de toutes ses dents. Elle souriait si fort que ses lunettes vinrent se poser sur sa tête !

Car devant elle tout changeait :

Sur les cheveux des petites Sorcières et petits Sorciers apparut une mèche pailletée.

Aur les cheveux des petites Fées et petits Fés apparut une mèche noircie.

*

Depuis ce jour, vous vous en doutez, il n’y a plus d’école de Sorcières ni d’école de Fées ; juste une grande école de magie, pour tous ceux qui veulent la pratiquer !

 

À ce qu’il paraît – enfin c’est ce qu’on m’a dit – elle accueille même cette année une colonie de souris !

Des news!

Je suis en plein dans la rédaction de mon prochain recueil de contes, toujours aux éditions du Lumignon et toujours avec Sanoe. J’ai la tête remplie de chocolat pour la bonne cause! :-p

Enfin, sortira le 22 octobre mon prochain album avec Magali Garot, toujours chez Nats Editions: http://www.nats-editions.com/produit/defi-halloween/

De quoi passer un joli moment pour Halloween!