Interventions chez les CE1

Interventions chez les CE1

J’ai commencé fin novembre des interventions à l’école Sainte-Ursule (Paris 17) pour travailler avec les enfants sur un scénario de court-métrage. Voici mes premières interventions: CE1.

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Les enfants posent plein de questions rigolotes comme « Est-ce que les acteurs sont vraiment nus quand on les voit nus à l’écran? ». Ils ont aussi assez de mal à faire la différence entre un film live et un film d’animation.

La prochaine étape est de trouver ensemble un sujet qui les intéresse et des personnages qu’ils veulent développer. Une année 2014 placée sous le signe de la transmission!

Procession

Procession

Voici un petit texte inspiré par une illustration d’un ami écrit pour son anniversaire.

procession-B@Renaud Bouet

L’hiver s’était installé.

La neige recouvrait la forêt de son épais manteau moelleux.

Les gouttes d’eau cristallisée tombaient sur le sol créant une musique douce et légère presque imperceptible.

L’air sentait le sapin et la terre mouillée.

On entendait parfois les Hommes s’appelant entre eux au cœur de la forêt, découpant avec entrain les arbres que l’on décorerait. Autour desquels les enfants crieraient, se chamailleraient, joueraient aux Indiens et ouvriraient avec des yeux émerveillés leurs paquets tant espérés.

Chaque soir, les Fées des Glace sortaient de leur palais de cristal pour s’adonner à l’une de leur activité favorite : le patinage ! Glissant comme des ballerines impeccables, elles faisaient cliqueter leurs ailes diaphanes attirant à elles les animaux de passage. On les regardait avec délice. Gracieuses créatures si fragiles, elles se couraient après en gloussant et réalisaient d’impensables figures en touchant à peine le sol.

Parfois, l’une d’entre elles apposait sur la glace un baiser furtif, laissant une trace rouge sang au milieu du lac gelé. On dit que celui qui toucherait cette marque, obtiendrait à jamais la bénédiction des Fées…

Chaque soir aussi, comme tous les autre soirs de l’année, Dame Nuit recouvrait le ciel de son manteau de Ténèbres. Mais en cette période aussi glaciale que merveilleuse, Dame Nuit passait inaperçue.

Quand elle survolait les forêts de sapins, écureuils et petits oiseaux partaient se réfugier dans leur abri. Les cerfs levaient alors la tête pour mieux rassembler leur troupeau et s’abriter dans des clairières protégées du froid.

Sa lente procession dans le ciel était d’un ennui mortel.

Les Fées, en bas, glissant sur les lacs gelés tel des poupées mécaniques, ne daigneraient-elles pas la regarder ? Voir son grand manteau noir obscurcir le ciel. Dame Nuit aurait bien aimé se voir et admirer le changement de lumière dans le ciel.

Mais les Fées des Glaces jouaient avec la nuit comme avec les amoureux transis. Sans elle, pas de patinage sur la glace, car en journée les Fées restaient cachées. Seulement Dame Nuit ne disait rien, car ces délicates créatures ravissaient pourtant ses soirées.

Son compagnon Jour avait plus de succès attirant une foule de partisans, Humains comme Animaux. Seuls les mages et les ensorceleuses attendaient avec envie l’arrivée de Dame Nuit. Quant à Dame Lune, tout le monde la regardait, contemplant béatement sa beauté et son magnétisme. Mais si Dame Nuit n’existait pas, Dame Lune ne sortirait pas et n’entraînerait pas avec elle les milliers d’étoiles, descendant du firmament, brillantes comme des diamants purs.

La procession de Dame Nuit était une mission longue et ennuyeuse. Une mission de solitude. Un seul être pourtant, la contemplait en secret. Chaque nuit, en haut d’une colline ou caché dans sa tanière, en meute ou solitaire, le loup regardait sa maîtresse.

Dame Nuit était touchée par cet être si discret. Cet animal violent et sans peur qui parfois lui laissait en cadeau des empreintes gelées, à jamais prisonnières de l’hiver.

« Comme les Hommes sont bêtes, pensait à la fois triste et amusée Dame Nuit. »

Car si le loup hurle vers les étoiles, c’est qu’il voit passer la Nuit.

La Nuit et son sombre manteau, aussi effrayante que lui.