[PUBLICATION] Bretzel n°2 : Qui a mangé la galette?

[PUBLICATION] Bretzel n°2 : Qui a mangé la galette?

Le nouveau numéro du fanzine jeunesse BRETZEL est sorti mi-septembre et j’ai de nouveau écrit une histoire avec Chloé Harrand aux manettes des illustrations.

Il s’agit d’une petite histoire inspirée du célèbre Roule Galette, transformée pour l’occasion en enquête policière. 😀

Pour commander, c’est par ici!

[HISTOIRE HALLOWEEN 1] Balais ou baguette?

[HISTOIRE HALLOWEEN 1] Balais ou baguette?

Vous allez voir cette année, c’est incroyable: deux histoires d’Halloween ont germé dans ma petite tête! Et voici donc le premier texte. ^_^

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Pétronille Pumpklair était une sorcière particulière.

Pratiquant à la fois la sorcellerie et la magie, Pétronille portait chapeau et bottes pointues, assortis d’une robe claire à paillettes et d’une paire de lunettes jaune très voyantes.

 

Pétronille Pumpklair partageait sa vie entre une école de Sorcières et… une école de Fées ! Mais chut, c’était un secret…

*

Âgée de tout juste dix ans, Pétronille allait passer son examen de Sorcière lui permettant ensuite de choisir son activité définitive.

Dans le même temps, elle passerait aussi son examen de Sée lui permettant ensuite de choisir son activité définitive.

En pensant à ces deux futures activités qu’elle ne saurait sûrement pas cacher, Mademoiselle Pumpklair ne vit pas ses tartines tournoyer ! Mais son chat Asperge lui, n’avait d’yeux que pour le beurre tout juste fondu qui goûtait sur la table.

« Enfin Pétronille, réagis ! Ne sois pas toujours dans la lune ! s’écria sa mère en rentrant dans la cuisine. »

 

Ah, la mère de Pétronille…

Mathilda Pumpklair était la… directrice de la plus réputée des écoles de Sorcières ; celle que fréquentait sa fille, bien sûr. Grande Invocatrice, puissante Nécromancienne et Divine Oracle, il serait bien difficile d’arriver à la cheville de Mathilda.

« Mais laisse-la un peu tranquille. Il faut qu’elle travaille son imagination ! rétorqua sa tante. »

 

Ah, la tante de Pétronille…

Anabeth Pumpklair état la… directrice de la plus réputée des écoles de Fées ; celle que fréquentait sa nièce, bien sûr. Grande Sorceleuse, puissante Guérisseuse et Divine Prophétesse, il serait bien difficile d’arriver à la cheville d’Anabeth.

Pétronille soupira et les tartines vinrent se poser à côté de son bol de chocolat. Du matin au soir et du lundi au dimanche, Mathilda et Anabeth se disputaient sans cesse. C’est en partie à cause de leurs chamailleries qu’elles n’avaient jamais découvert le secret de Pétronille. En se disputant ainsi, elles ne se mêlaient pas de ses affaires, mais en même temps Pétronille aurait préféré que sa mère et sa tante s’entendent mieux.

 

La petite sorcière avait un jour mis le débat sur la table : quelle était la réelle différence entre une Sorcière et une Fée ? Que n’avait-elle pas demandé ! À coups de « Mensonges ! » et « Balivernes ! » ou encore « Tête de mule ! » et « Crotte de Licorne ! », Mathilda et Anabeth avaient eu la plus grosse dispute de leur vie. Pétronille s’était réfugiée dans sa chambre avec Asperge.

La petite n’était pas spécialement douée pour telle ou telle activité. Elle ratait souvent ses potions, se trompait dans les formules magiques ou encore ne tenait pas correctement sa baguette. Mais Pétronille avait un don très spécial : celui justement de passer facilement d’un monde à l’autre. Elle savait parfaitement quand faire appel à la sorcellerie et quand faire appel à la magie. Et ça, personne d’autre dans le royaume n’en était capable.

*

Le jour de ses examens approchant, Pétronille Pumpklair était dans un état d’anxiété permanent. Elle parlait très peu et à la cantine, elle se mettait à l’écart pour réviser.

Dans son école (enfin ses écoles !), elle était plutôt populaire, car toujours prête à aider les autres, mais aussi à faire le clown. On aimait son âme d’aventurière et elle était très douée pour raconter les histoires. Chaque année pour Halloween, tout le monde venait écouter les horreurs qu’elle savait inventer.

Ses meilleures amies, Gladys et Morticia ainsi qu’Estralla et Primerose ne la reconnaissaient plus.

 

La soirée d’Halloween de l’année serait pour le moins étonnante…

*

Le soir du 31 octobre, chaque établissement avait été décoré selon les principes mêmes des Sorcières ou ceux des Fées. Pétronille était en panique ! Elle avait tout calculé pour passer son examen de Sorcière en premier puis celui de Fée, mais elle avait peur d’arriver en retard et d’être obligée de s’expliquer.

 

Avant le début des examens, les principales avaient laissé libres leurs élèves dans les belles cours scintillantes de lumières pour l’occasion. C’est dans ses conditions de fête et d’amusement que Pétronille fut témoin d’une incroyable scène.

 

Tout d’abord, pour bien comprendre, les deux écoles se touchent, séparées uniquement par une grande haie de roses multicolores. Une haie dans laquelle il était très facile de se glisser et ça Pétronille le savait puisqu’elle y passait plusieurs fois par jour !

Seulement aujourd’hui, en ce jour sacré d’Halloween, il y avait tellement de monde qu’on ne regardait pas ce que faisaient les autres. Les autres en l’occurrence, c’étaient les apprenties Sorcières Gladys et Morticia, et les apprenties Fées Estralla et Primerose, les meilleures amies de Pétronille.

La jeune apprentie, qui ne voulait pas jouer et restait prostrée sur un banc, rongée par l’anxiété, vit soudain ses deux amies Sorcières se glisser au milieu de la haie, bientôt rejointes par Estralla et Primerose. Après avoir vérifié que personne ne les avait vues, elles papotèrent gaiement.

 

Pétronille se figea.

Et par la même occasion, figea aussi toute la scène ! Elle se rendit vers la haie de roses au ralenti.

Dans chaque petit recoin où l’on pouvait se glisser sans être vu, Sorcières et Fées se cachaient pour rire ensemble et échanger leurs idées sur les examens à venir.

Des larmes coulèrent le long des joues de Pétronille. Vous pensez à des larmes noires ? Bien sûr que non ! Des larmes roses alors ? Évidemment pas ! Mais où allez-vous chercher tout ça !

 

Non. Juste des larmes de petite fille. Car Pétronille venait de comprendre pourquoi sa mère et sa tante n’avaient jamais répondu à sa grande question : évidemment, Sorcières et Fées étaient pareilles !

 

La scène soudain se défigea.

Après avoir respiré une bonne bouffée d’air automnale, Pétronille passa rapidement sa main sur ses yeux. Elle retroussa sa robe et fit claquer ses bottines sur le sol. La jeune apprentie se plaça alors devant le grand bouleau trônant au milieu de l’école des Sorcières. De l’autre côté de la haie, un magnifique sureau, exactement de la même taille, se tenait exactement à la même place.

Posant ses mains sur le tronc de l’arbre, Pétronille inspira profondément et commença une incantation. Une incantation très étrange ; une incantation strictement interdite et bannie des deux écoles, mêlant langage des Sorcières et langage des Fées.

Elle ne vit pas sa mère, Mathilda, arrivée en courant, tout échevelée, lui criant d’arrêter immédiatement.

Ni sa tante, Anabeth, alertée par sa sœur, traversant la haie et surprenant par la même les amitiés interdites.

Ni les élèves qui se cachaient ou restaient à l’observer, droits comme des I.

 

Une énorme racine du bouleau sortit de terre.

Une énorme racine du sureau fit de même.

La haie fleurie, sur leur passage se rompit. Sorcières et Fées se faisaient maintenant face.

Et entre les deux arbres naquit, une gigantesque arche en bois de bouleau-sureau sur laquelle poussèrent instantanément d’énormes roses multicolores.

 

Quand Pétronille rouvrit les yeux, elle faillit s’évanouir tant elle avait été vidée de ses pouvoirs. Elle se tourna vers l’assemblée qui la dévisageait en silence. Mais Pétronille souriait de toutes ses dents. Elle souriait si fort que ses lunettes vinrent se poser sur sa tête !

Car devant elle tout changeait :

Sur les cheveux des petites Sorcières et petits Sorciers apparut une mèche pailletée.

Aur les cheveux des petites Fées et petits Fés apparut une mèche noircie.

*

Depuis ce jour, vous vous en doutez, il n’y a plus d’école de Sorcières ni d’école de Fées ; juste une grande école de magie, pour tous ceux qui veulent la pratiquer !

 

À ce qu’il paraît – enfin c’est ce qu’on m’a dit – elle accueille même cette année une colonie de souris !

La plume

La plume

Savin jetait négligemment de petits cailloux dans la Seine. Il attendait son maître devant la taverne du Poing Cassé.

Savin, huit ans, travaillait pour Maître Balladin, collecteur de dettes. Il n’aimait pas beaucoup cet homme hautain et sévère même s’il lui avait appris à lire, écrire et compter après l’avoir récupéré dans un orphelinat crasseux du Faubourg Saint-Marcel. Le maître était taciturne et peu enclin à la tendresse, mais il ne levait jamais la main sur l’enfant, lui donnait régulièrement une belle somme d’argent et n’aurait pas hésité à tuer quiconque toucherait un cheveu de son précieux assistant. Mais Savin ne voyait pas tout cela dans l’homme qui lui parlait sèchement…

Savin était les yeux et les oreilles de Mr Balladin et pouvait pister pendant des jours un mauvais payeur. L’enfant détestait son travail. Son espionnage le conduisait souvent dans les quartiers les plus pauvres de Paris où il fallait sans cesse éviter les détritus et flaques d’excréments. On lui jetait des pierres et personne n’hésitait à lui faire les poches.

Dès qu’il le pouvait, Savin passait devant la boutique de Mr Vaillant, tailleur sur le boulevard Saint-Germain. Il mettait alors ses plus beaux habits (ceux que Mme Balladin avait commandé pour les soirées de réception) pour passer inaperçu et flâner sans attirer l’attention de la maréchaussée. Le jeune garçon rêvait de travailler pour le vieil homme qui taillait les vêtements du Roi ! L’artisan lui donnait toujours un biscuit moelleux et le laissait rentrer dans l’arrière-boutique pour regarder et toucher les tissus. Savin exprimait alors toute sa gratitude à Mr Vaillant, mais uniquement par signes et un sourire rayonnant, car le petit garçon était muet.

Lorsqu’Honoré Balladin sortit de la taverne, la nuit tombait et il s’était mis à pleuvoir. Il prit Savin sur ses épaules, évitant ainsi que l’enfant n’ait les pieds trempés. C’était le premier jour du Printemps et le temps était toujours aussi morose. Mais pour la première fois en six ans, Savin fut agréablement surpris par le geste de son Maître. Il se prit à passer ses bras secs autour de son cou, rassuré par la présence du collecteur malgré le grondement du tonnerre.

Maître Balladin vivait dans une belle demeure dans le quartier de Versailles. Savin y avait une chambre simplement décorée avec beaucoup de livres, mais presque aucun jouet excepté deux petits soldats en étain vieilli et un cheval à bascule. Sous son lit, Savin cachait des chutes de tissus offerts par Mr Vaillant qu’il sortait de temps en temps et examinait avec attention. Léontine, la fille d’Honoré Balladin lui avait un jour donné l’une de ses poupées. Depuis, en secret, il essayait de trouver des tenues pour l’habiller avec élégance.

Savin mangeait toujours tout seul, jamais avec la famille de son Maître ; un repas copieux, frais et toujours préparé avec soin. Léontine, neuf ans, aimait beaucoup le petit garçon et lui rapportait en cachette, chaque soir, une part de dessert.

En cachette, le croyait-elle, car son père connaissait le petit secret de sa fille. Lui aussi aimait beaucoup Savin qu’il trouvait assidu au travail, vif et débrouillard, mais il avait malheureusement besoin de lui pour son sale travail. La famille avait des problèmes d’argent. Proche du Roi, les difficultés commencèrent quand la gronde populaire avait démarré. Honoré montrait à Savin un autre visage, un visage froid et fermé pour éviter que l’enfant ne s’attache trop à lui. Un jour, quand toute la tension serait partie, quand la famille aurait retrouvé sa fortune, Balladin laisserait à l’enfant le choix de choisir un métier convenable. Peut-être même partirait-il. Honoré en était d’avance chagriné, mais il comprendrait.

Cependant, rien ne se passa comme il l’avait prévu…

*

Le 14 juillet 1789, Savin fut violemment réveillé par son maître. Forcé de faire ses bagages, le petit garçon suivit la famille jusqu’à une calèche qui les attendait déjà dans la cour. Le petit garçon entendait la foule hurlée dans les rues et des bruits de canons lui parvenaient au loin. Effrayé, l’enfant ne remarqua même pas la main délicate de Léontine glissée dans la sienne.

Quand ils se retrouvèrent dans les rues de Versailles, des fruits et légumes pourris furent lancés sur la calèche. La traversée des rues se fit au ralenti et Savin retint son souffle pendant plus de deux heures pendant leur voyage vers la Normandie, dans la demeure de campagne de la famille.

Savin se retrouva dans un nouvel environnement sans aucune activité. Maître Balladin recevait des amis dans son salon privé tous les jours et laissait la porte fermée à clef. Seul, sans rien à faire, l’enfant s’ennuyait. Seule Léontine arrivait à le divertir en l’entraînant avec elle dans des aventures merveilleuses au cœur de l’énorme parc entourant la belle maison. Mais Savin n’avait pas vraiment le cœur à jouer. Il pensait à Mr Vaillant. Le tailleur avait-il dû fuir lui aussi ? Avait-il été attaqué par une foule en colère ?

Petit à petit, le petit garçon dépérissait et Honoré Balladin ne lui parlait que très peu, occupé par ses affaires et préoccupé par la situation à Paris.

Un jour, alors que Savin trainait des pieds dans la maison sans savoir quoi faire, il décida d’aller explorer l’immense grenier de la demeure. Prenant garde à ce que Léontine ne le suive pas, il se faufila sur l’escalier en pente menant aux étages. Une bougie à la main, il inspecta la pièce. Tout au fond, l’enfant repéra une malle de marin. Posant délicatement sa bougie au sol, Savin se dirigea vers l’objet qu’il ouvrit avec précaution.

La malle était vide.

À l’exception d’une magnifique plume bleue. Une longue plume bleu azur légère et douce sur la joue de Savin. Elle sentait la mer et les épices. Soudain, un rayon de soleil vint frapper la plume lui donnant des reflets dorés. Le petit garçon l’observa sous tous les angles, un grand sourire se dessinant sur son visage.

*

Dans le boudoir de Mme Balladin, jeunes filles et femmes mariées essayaient en papotant gaiement des chapeaux de toutes les couleurs, garnis de grandioses plumes de toutes les tailles. Assise sur le tabouret du piano à queue, Léontine, quatorze ans, se laissait coiffer par Savin. Le jeune garçon plaçait avec délicatesse de toutes petites plumes multicolores dans les cheveux de sa compagne de jeu. La jeune fille rougissait dès que Savin lui frôlait la joue et il en rajoutait un peu sous l’œil amusé des amies de Mme Balladin.

Devant le lourd portail en fer de la demeure normande, Honoré Balladin, qui avait cessé ses activités de collecteur de dettes depuis maintenant deux ans, clouait une plaque en argent:

« Savin Balladin – chapelier pour ces dames. Venez faire vos essayages dans notre salon privé ! »

Il avait placé à sa boutonnière la plume bleu azur trouvée par Savin. Lorsqu’il bougeait, le soleil s’y reflétait lui donnant un éclat presque surnaturel.

Epoussetant son vêtement, Maître Balladin, satisfait par la plaque, reprit le chemin de la maison alors que d’autres jeunes dames rentraient en pressant le pas dans le premier atelier de Savin Balladin.

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Pourquoi pas une vraie histoire plus tard? A voir… 🙂

[EN RECHERCHE] La chenille d’Angéline

[EN RECHERCHE] La chenille d’Angéline

Nouvel album qui part à la recherche de sa maison: La chenille d’Angéline avec Camille Tisserand.

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Angéline, petite fée pleine de joie, a un gros problème: elle n’arrive pas à voler! Bientôt, elle devra participer à la grande cérémonie qui lui donnera ses pouvoirs. Mais pas de magie sans savoir voler! Ses amis Boubou le Hibou et Pimpon le Grillon ont une idée qui pourrait bien changer la vie des fées… 
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[COLLECTIF LES PETITS BONHEURS D’ANTAN] Noël à la plage

[COLLECTIF LES PETITS BONHEURS D’ANTAN] Noël à la plage

Suite à l’initiative de Lu Mignon, voici ma participation pour « Les petits bonheurs d’antan ». Thaïs est aux commandes de l’illustration sur un texte mettant en avant ma petite soeur.

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En attendant un éditeur, le collectif sera présent lors d’une exposition à la mairie de Rives du 1er au 16 février. Elle aura lieu en parallèle du salon du livre « Dérives au fil des petits bonheurs partagés » qui se déroule dans la même ville le 10 février prochain.

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Pour regarder toutes les autres talentueuses participations, c’est ici.