La ballade de Dame Croissant

La ballade de Dame Croissant

Petit défi écriture réalisé pour le forum l’Aube des Fées. Le thème était la nature.

Déambulons, déambulons entre les arbres touchant le ciel !

Déambulons, déambulons entre ces fleurs jaunes soleil !

Fée des sous-bois, je suis la reine :

Avec ma pierre magique, la forêt je protège

Et de l’hiver et des querelles.

Déambulons, déambulons entre les ruches des abeilles !

Déambulons, déambulons entre les buissons de groseilles !

Dame Croissant je m’appelle.

Sur la tête comme ornement

Je porte une rose ouverte, cristallisée par le vent.

Déambulons, déambulons entre les terriers des lapins !

Déambulons, déambulons entre les maisons des lutins !

La nuit m’a offert une robe,

Ornée d’étoiles et de diamants

Que je quitte chaque matin.

Déambulons, déambulons entre les parterres de pensées!

Déambulons, déambulons entre les monts enneigés !

Quand vient le printemps,

Je me glisse un peu partout

Et avec mes chères complices, nous pansons notre forêt.

Arrêtons-nous, arrêtons-nous au bord de la rivière !

Arrêtons-nous, arrêtons-nous : l’eau y est-elle toujours claire ?

Surveillons ensemble les premiers bourgeons

Nous les fées des sous-bois,

Car depuis toujours telle est notre mission.

Arrêtons-nous, arrêtons-nous auprès de cette pie !

Arrêtons-nous, arrêtons-nous : comment va son petit ?

Nettoyons ensemble le sol

Laissons mourir ces veilles feuilles

Qu’elles viennent nourrir la terre.

Reposons-nous, reposons-nous dans nos hamacs suspendus !

Reposons-nous, reposons-nous : d’ici nous avons une belle vue !

Laissons la forêt s’éveiller

Maintenant que tout est prêt

Le printemps peut arriver.

Reposons-nous, reposons-nous dans nos demeures de coquelicot !

Reposons-nous, reposons-nous il faudra recommencer bientôt !

Que pensez-vous qu’il faudra faire,

Quand le suave été viendra ?

Nettoyer, arroser, réparer, protéger : comme tous les ans ma foi.

@copyrightClementineFerry

Publicités
La danse de l’épouvantail

La danse de l’épouvantail

L’un des dessins de ma collègue Coccinelle du Tandem Jeunesse m’a inspiré ce petit poème.

 

Moi je regarde la Lune

Et les étoiles qui s’allument.

Gribouille, ce cher hibou,

Se colle contre mon cou.

 

Ma Citrouille se tient bien droite

Et attend que je m’échappe.

Je suis piqué dans le sol,

Mais chaque nuit je décolle.

 

Si je me dandine un peu,

Je peux déplacer le pieu.

Je me dégourdis les pieds,

Puis je me mets à danser.

 

Gribouille remue ses fesses :

C’est bien mieux que faire la sieste !

Et la Lune descend plus bas,

Pour admirer mon cha-cha.

 

J’ai toute la nuit devant moi,

Pour courir dans les bois.

Si les corbeaux me voyaient,

Le champ ils dévasteraient.

 

Quand la Lune s’endort,

Gribouille gentiment me mord :

Je dois rejoindre mon pieu

Et demain faire de mon mieux.

 

Si la Lune est mon amie,

Le Soleil lui m’ennuie.

Au lieu de rester bien droit,

Je préfère les entrechats.

 

Mais pendant toute la journée,

Je suis bien amusé :

Les corbeaux picorent mon nez,

Gribouille chante des chansons

Et ma Citrouille adorée,

Ecrit à son Potiron.

 

@copyrightClementineFerry

Marguerite

Marguerite

D’après une illustration de Rosalys…

 

La reine Marguerite avait son palais sous un rosier rose

Pendant tout l’hiver, elle s’y cachait et dormait sous terre.

Ses longs cheveux noirs servaient de manteaux pour ses jolies roses.

Son palais grandiose était protégé contre la neige froide,

Contre le givre des mauvais jours et la pluie tapante.

Certains animaux seuls ou sans toit,

Dormaient dans des nids que la reine gardaient.

 

La reine Marguerite rêvait au Soleil et ses rayons chauds.

La Lune était belle, mais parfois si terne

Et souvent sans prévenir elle disparaissait.

Marguerite avait de la peine, seule sous son rosier adoré,

Car la Lune était vilaine et elle la laissait tomber.

Alors, elle rêvait au Soleil et à sa douce chaleur

À sa lumière enchantée et ses rayons protecteurs.

 

La reine Marguerite surveillait sa cour de fleurs

Vérifiant régulièrement leur souffle frais et léger.

Elle demandait l’aide du vent pour ainsi s’en assurer

Et ne pas voir l’une d’entre elles sous la neige trépasser.

C’était une reine aimante avec un cœur éclatant,

Une douceur sans pareil et un charme affolant.

La sublime Marguerite possédait un vrai talent.

 

La reine Marguerite sortit enfin de la terre

Lorsque le Printemps fut là et qu’il chassa l’Hiver.

Elle souriait discrètement et ne cherchait pas à plaire,

Mais ses cheveux d’ébène et ses yeux de biche,

Sa bouche toute rose et sa peau si nue,

Ouvrirent les boutons de ses roses fétiches

Et un chant magique marqua sa venue.

delicatewhite

@copyrightClementineFerry

Pourquoi le chameau a-t-il deux bosses sur le dos?

Pourquoi le chameau a-t-il deux bosses sur le dos?

A l’origine le chameau, décida de stocker l’eau

Pour que son corps la puise quand il en aurait besoin.

Il vivait dans le désert complètement aride :

Sur sa route il voyait peu de verdoyants oasis.

 

Le chameau stocka l’eau dans un tonneau,

Qu’il portait sur son dos et traînait un peu partout.

Mais le tonneau fut vite lourd et le chameau fatigué :

Un jour il s’effondra et toute l’eau se déversa.

 

Le chameau stocka l’eau dans un seau,

Plus pratique que le tonneau, il le portait autour du cou.

Mais le seau était petit et le chameau assoiffé :

Un jour la tête lui tourna et dans les vapes il tomba.

 

Le chameau stocka l’eau dans une baignoire,

Il était toujours dedans, car elle avançait toute seule.

Mais des serpents s’enroulèrent autour des pieds :

La baignoire fut part terre et l’eau toute évaporée.

 

Le chameau en avait marre et il s’assit pour pleurer :

« Bientôt je serai tout sec et je serai bien vilain ! ».

Un Djinn qui passait par là, l’entendit se plaindre

Et s’accroupit sur son dos en fermant les yeux.

 

Le chameau fut effrayé et fit tomber l’esprit.

Il avait une sacrée soif et ne voulait pas plaisanter.

Mais le Djinn le calma et doucement lui expliqua :

« Je vais te donner de l’eau pour toute l’éternité. »

 

Le chameau fut étonné et le Djinn satisfait.

Entonnant un chant spécial, le Djinn se mit à trembler.

Sautant autour du chameau, il levait ses mains au ciel ;

Le chameau fut consterné et décida de dormir.

 

Quand le chameau se réveilla, le Djinn n’était plus là.

Il leva ses grandes jambes et se sentit vaciller.

Regardant par-dessus lui, il fut très vite horrifié :

Deux grosses bosses s’élevaient de son joli dos doré.

 

Dans sa tête il entendit le Djinn le rassurer:

« Tes bosses sont pleine d’eau ; tu en as à volonté ! ».

Le chameau fut très touché et se mit à gambader.

Depuis ce jour les chameaux boivent très peu chaque année.

 

Les animaux du désert les tiennent maintenant en respect

Et les nobles Berbères s’en servent comme destrier.

On dit que l’eau de leurs bosses possède des vertus magiques,

Mais ne plonger pas votre main, dans la bosse d’un chameau :

Vous pourriez par mégarde y rester coincer…

 

@copyrightClementineFerry

Beauté cruelle

Beauté cruelle

Voici le poème qu’Azilys a très gentiment publié dans le nouveau numéro du webzine Le Royaume des Fées.

 

La peau blanchie, les traits tirés, la princesse Crystal survivait.

Elle n’avait, ni les yeux bleus de sa mère, ni les mains fines de son père.

Ses cheveux blonds étaient ternes et son sourire irréel.

Elle n’était ni douce, ni gaie, ni sensuelle

C’était une bien pâle princesse.

 

Crystal errait dans les couloirs du château royal

Sans un regard pour les domestiques,

Sans une caresse pour les chats, qui déambulaient dans les pièces.

On ne la regardait pas, on ne l’écoutait pas, on ne lui parlait pas

Et beaucoup la craignait : « une sorcière », ils disaient.

 

Le chagrin de la mère et l’abattement du père,

La tristesse de son frère et le désarroi de sa jumelle ;

Rien n’y faisait : tous les jours c’était pareil.

A cause de son titre de princesse, Crystal se croyait belle

Et dans son miroir tous les jours, elle observait son reflet.

 

Elle détestait son prénom : c’était mièvre et féerique,

C’était comme les étoiles qui riaient au firmament.

Des frissons parcourraient alors son corps et elle changeait son prénom.

Crystal devenait Veuve Noire, la reine d’un royaume sordide

Où de cruels règlements abreuvaient son cœur rigide.

 

Elle possédait des esclaves : de belles femmes qu’elle rendait laides.

Son carrosse était en quartz incrusté de rubellites, ses pierres rouges comme le sang.

Elle envahissait des terres et brulait des champs de blé, comme dans d’épiques romans.

Adepte de la magie noire, elle pratiquait sans relâche dans ses sombres appartements

Refusant qu’on la dérange sous peine de se faire tuer.

 

Mais quand elle rouvrait les yeux, Crystal n’était plus Veuve Noire

De sa gorge alors sortait, un cri de rage macabre.

Sa mère s’enfermait à clef et les autres l’accompagnaient,

Car ils savaient que suivrait, une crise de démence

Que personne n’osait calmer.

 

Un jour le roi décida, d’interner sa fille Crystal.

Il le regretta bien vite, car la princesse devint

L’ennemi numéro un du royaume de sa famille.

Elle construisit un palais et maudit sa vie passée :

Enfin elle changea de nom : Crystal devint Veuve noire.

Sa mère en mourut et son père en fut malade,

Son frère devint fou et sa jumelle se suicida :

Veuve Noire, belle et cruelle, sur le Royaume régna.

 

@copyrightClementineFerry

Dada le Panda

Dada le Panda

D’après une illustration d’Ingrid Lefebvre, une illustratrice découverte sur le forum de la Luciole.

6cb2d3f84e8234

Dada le Panda aime le chocolat

Quand il est fondu sur une tartine ;

Quand il est collant et qu’il dégouline,

Mais Maman Panda et Papa Panda disent à Dada :

« Le chocolat, ce n’est pas pour toi ! ».

 

Dada le Panda aime le chocolat

Quand il est couché entre deux biscuits ;

Quand il est croquant et qu’il est bien cuit,

Mais Maman Panda et Papa Panda disent à Dada :

« Le chocolat, ce n’est pas pour toi ! ».

 

Dada le Panda aime le chocolat

Quand il est battu dans un saladier ;

Quand il fait une tâche sur son tablier,

Mais Maman Panda et Papa Panda disent à Dada :

« Le chocolat, ce n’est pas pour toi ! ».

 

Dada le Panda aime le chocolat

Quand il est trempé avec une pomme ;

Quand il est bien lisse comme une belle gomme,

Mais Maman Panda et Papa Panda disent à Dada :

« Le chocolat, ce n’est pas pour toi ! ».

 

Dada le Panda aime le chocolat

Quand il est moulé dans un joli plat ;

Quand il est bien chaud et pas raplapla ;

Mais Maman Panda et Papa Panda disent à Dada :

« Le chocolat, ce n’est pas pour toi ! ».

 

Dada le Panda aime le chocolat

Quand il est tout mou comme une gélatine ;

Quand il colle ses dents et ses p’tites mimines,

Mais Maman Panda et Papa Panda disent à Dada :

« Le chocolat, ce n’est pas pour toi ! ».

 

Dada le Panda aime le chocolat

Et est en colère conte sa Maman, contre son Papa :

« Laissez-moi manger du chocolat quand je veux !

_ Et en échange tu feras quoi ?

_ Je mangerai pleins de légumes ! »

 

Dada le Panda aime toujours le chocolat,

Mais maintenant il mange aussi

Les légumes de sa Maman et les fruits de son Papa.

Parfois pendant la nuit, Dada le Panda

Sort du frigo, rien que pour lui, une grosse mousse au chocolat…

 

@copyrightClementineFerry

Pourquoi le pivert frappe-t-il les arbres?

Pourquoi le pivert frappe-t-il les arbres?

Monsieur Pivert aimait être à l’heure :
« Être en retard c’est être mal poli,
Mal élevé et irrespectueux ».
Voilà ce qu’il a dit !

Monsieur Pivert avait donc acheté
Un très beau réveil chez un horloger :
« L’aiguille est en or et en verre poli. ».
Voilà ce qu’il a dit !

Monsieur Pivert installa l’objet
Sur sa table de nuit, bien en évidence :
« Toute la journée je le faisais sonner et j’étais ravi. ».
Voilà ce qu’il a dit !

Monsieur Pivert aima son réveil,
Car tous les matins il était à l’heure :
« J’étais toujours le premier et ça s’apprécie. ».
Voilà ce qu’il a dit !

Un jour Monsieur Pivert vit une damoiselle :
« Elle était charmante et bien belle,
Toute mince, toute mimie. ».
Voilà ce qu’il a dit !

Monsieur Pivert l’invita boire un verre
Et lui montra son réveil bien malgré lui :
« Bah, elle était sérieuse et toute curieuse. ».
Voilà ce qu’il a dit !

La dame Pivert emporta l’objet pour l’essayer
Et Monsieur Pivert se prit un congé :
« Toute la journée, comme c’était bien, j’étais assis ! ».
Voilà ce qu’il a dit !

Mais la dame Pivert un jour revint, sans le cher réveil :
« Je l’ai fait tomber dans un arbre ; je ne sais plus lequel !
_ Honte à vous, damoiselle, je suis maudit ! ».
Voilà ce qu’il a dit !

Et depuis ce jour Monsieur Pivert,
Cherche en vain son divin réveil.
Sur chaque arbre il frappe d’un ton monotone,
Espérant en vain, qu’un jour il sonne.

@copyrightClementineFerry