Pirouette Gazette spéciale SF

Pirouette Gazette spéciale SF

Le nouveau Pirouette Gazette vient de sortir et l’une de mes histoires a été publiée. A vous de commander le numéro sur le site pour découvrir les très jolies illustrations de Guillaume et pleins d’autres surprises concoctées par l’équipe d’auteurs et illustrateurs!


Craquevert appuyait son dos d’acier contre un peuplier.

Il était le seul robot rescapé de la Grande Guerre des machines qui avait eu lieu en 2050. Sur la Terre désolée, il avait trouvé un espace de verdure préservé. Il n’avait aucun ami et observait le ciel tous les soirs pour compter les étoiles. En journée, pour faire passer le temps, le robot avait trouvé une activité primordiale à ses yeux : le nettoyage de son environnement. Il empoignait de grosse quantité de déchets qu’il jetait ensuite dans une sorte de poubelle géante fabriquée par ses soins. Parfois, il récupérait des objets insolites qu’il gardait précieusement : une vieille bague de fiançailles, une photo de famille jaunie, un vélo tordu… A l’époque où les humains étaient encore sur Terre, Craquevert les avait vus s’abriter sous de grandes tentes et lorsqu’il en avait trouvé une, il en avait fait son « chez-soi ».

En cette journée ensoleillée, Craquevert, un épi de blé dans la bouche, faisait son ménage quotidien. Il s’était aventuré un peu plus loin dans le bois et ramassait boulons et autres morceaux de ferrailles. Soudain, un pépiement très discret lui fit lever la tête. C’était un bruit nouveau pour Craquevert qui ne connaissait que le son des violentes explosions ou le silence le plus total. Il écarta délicatement les branches se trouvant à son niveau, mais à sa grande déception, il ne trouva rien.

Le lendemain matin, Craquevert voulu retourner au même endroit, mais une pluie battante et un froid mordant s’abattait sur la région. Il détestait ces changements de temps brutaux ; conséquence du réchauffement climatique de ces 250 dernières années. Lorsque la pluie se calma en début de soirée, il monta sur une colline, derrière le bois. Ici, il avait construit un impressionnant télescope avec lequel il observait émerveillé, les étoiles et les planètes.

Quelques jours plus tard, le robot entendit de nouveau le pépiement et lorsqu’il grimpa sur l’un des arbres, il fit la plus délicieuse des découvertes. Dans un nid douillet, trois oisillons piaillaient alors que leur mère leur donnait de petits vers. Lorsque la tête du robot émergea des arbres, les oisillons stoppèrent leurs jérémiades et la mère, tournant la tête sur le côté, observa avec attention le nouvel arrivant

Pendant des jours, Craquevert apprivoisa la famille oiseau, aidant la mère à trouver de la nourriture pour ses petits. Pendant qu’il ramassait les saletés, elle planait au-dessus de sa tête en chantant gaiement.

Un jour, les oisillons sortirent du nid pour apprendre à voler avec leur mère. Courant derrière eux, Craquevert fit la plus longue promenade de sa vie.

Le robot d’acier s’installa au cœur du bois et se fabriqua une cabane. Les oisillons grandirent et bientôt eux aussi construisirent leur propre nid dans le bois. Chaque matin, Craquevert  était réveillé par le doux chant de ses compagnons de vie. Il continua de ramasser les déchets et petit à petit, la nature reprit ses droits dans son coin de Paradis…